Mis à jour

le 3 octobre 2009

 

Extraits du Cahier de Morale d'un élève de l'Ecole Hôtelière de Paris Jean Drouant : années 1956 /1957

La Psychologie appliquée à la Morale et à l'Education : Quand dit-on qu'un homme est psychologue?

Seront successivement abordés dans cette rubrique : l'attention, l'émotion, la conscience, l'habitude, l'instinct, l'imitation, la douleur, la passion, le plaisir, le rire, la sensibilité, le sentiment et la vie intellectuelle

PS les thèmes soulignés sont présentés ici.

 

Le sentiement

 

3 / 10 / 2009

 

 

LE SENTIMENT

 Deux phénomènes distincts :

  • 1/- L'émotion est un état transitoire, le sentiment peut être de longue durée.
    2/- L'intensité de l'émotion n'est pas proportionnelle à la profondeur du sentiment (estime, respect, amitié).3/- L'émotion se présente comme un état de trouble du moins le plus souvent, le sentiment comme un état tonique, régulateur de l'action.
  • 4/- Le sentiment beaucoup plus complexe que l'émotion les éléments intellectuels peuvent y jouer un très grand rôle.

Classification :

  • 1/- Les sentiments égoïstes.2/- les sentiments égo-altruistes.3/- les sentiments altruistes.
  • 4/- Les sentiments impersonnels.

Les sentiments égoïstes (qui se rapportent au moi).L'instinct de conservation :

  • a)- tendances de l'être à se conserver et à se transformer en amour de la vie, horreur de la mort.
  • b)- sentiment irrésistible: Le noyé appelle au secours. Incendie  du bazar de la Charité (4 mai 1847).Il abolit parfois toute la moralité. Plutôt souffrir que mourir, c’est la devise des hommes. Ceux qui sont capables de maîtriser instinct de sacrifier leur vie pour les autres ou à un idéal, sont des héros.

Le goût du bien-être.

  • - Vivre le mieux possible avec le maximum de plaisir qu'on peut tirer de la vie matérielle.b)- Il s'accroît avec les besoins crées par la civilisation, les progrès scientifiques.c)- Il met en péril la moralité individuelle et la paix sociale, sans donner aux hommes plus de bonheur.Diogène, Epicure, les stoïciens, recommandent le renoncement et le durcissement pour ne pas souffrir.
  • d)- Il doit être réfréné sans aller jusqu'à l'ascétisme. Il faut jouir du bien être sans en être esclave (l'homme peut parfois préférer le bien être à l'être.

L'amour de la propriété :

  • a)- Le désir de posséder des choses nécessaires à la vie: aliments, vêtements. Cette étendue à l'argent qui les représente tous.b)- N'est légitime que s'il représente l'effort que fait le possesseur pour acquérir ou conserver l'objet.
  • c)- La propriété : l’argent est un moyen de satisfaire ses besoins et ne peut être le but de la vie (cupidité, avarice).

L'amour de l'indépendance :a)- Origine très humble. L'enfant accumule de l'énergie qu'il a besoin de dépenser sous peine de dépérir. Ce besoin d'activité passant de l'ordre physique individuel à l'ordre social devient le besoin de liberté. (évolution : échappée aux servitudes matérielles, puis aux servitudes morales).Ces déviations :

  • 1/- Prend souvent la forme du caprice. Apprendre à distinguer le caprice qui n'est qu'un esclavage de la liberté.2/- La taquinerie : Autoritarisme (tantôt brutal, chez l'homme), sournois chez la femme. Perversion du besoin d'indépendance transformé au besoin de puissance.
  • 3/- l'ambition est le désir de dominer autrui pour en faire l'instrument de ses propres desseins.

SENTIMENTS EGO-ALTRUISTES : Se  rattachent à l'amour propre qui a pour objet la représentation du moi dans la conscience d'autrui.

  • 1/- Porte le sujet à s’affirmer, à revendiquer sa personnalité.2/- Lui inspire des actes destinés à donner aux autres une opinion favorable de lui-même.
  • 3/- Emmulation, honneur, vanité, orgueil, dérivent de l'amour propre et qui sont développés par la vie sociale.

 SENTIMENTS  ALTRUISTES : Ont leur origine dans la sympathie. Sentiments sociaux.La bienveillance, amitié, amour, malveillance, inimitié, haine… 

SENTIMENTS IMPERSONNELS : Sentiments qui ne s'adressent ni à une personne, ni à  un groupe, mais à des réalités spirituelles.

Religieux - esthétiques - patriotiques.

 

 

Le plaisir

et

la douleur

15 / 08 / 2009

 

 

LE PLAISIR ET LA DOULEUR

 

Caractères généraux :

  • Ce ne sont pas des émotions particulières; ils se mèlent à tous les états de la sensibilité et même à toute la vie psychologique.Etat neutre ou indifférent Windt.Pas d'état neutre.-Hoffding.
  • Ils sont en rapport étroit avec notre activité,le plaisir nait dans notre activité et peut se déployer librement;la douleur est la conscience des obstacles qui entravent le jeu de notre activité.
  • Ce sont des régulateurs de notre vie.

          a)- Ils nous apprenent si nous sommes en harmonie avec le milieu physique et moral.

          b)- Ils nous révèlent nos tendances, les précisent et les orientent (éléments actifs de l'émotion).

Rapports du plaisir et de la douleur.

 Deux états opposés, ce sont les deux pôles de la vie affective. Bien qu'opposés,ces états peuvent à un même moment se méler dans la conscience.

Présence simultanée d'un plaisir physique,ou d'une douleur d'ordre psychologique et inversement.

Ex:Soldat blessé- Andromaque.

Théories générales:

  • Théories pessimistes. Platon, Epicure, Rousseau, Epicure :seule la douleur est positive le plaisir consistant seulement en l'absence de douleur.Chez Kant, même idée. Schopenhauer :Court répit entre deux douleurs (le plaisir). optimistes :Aristote (18e), Hamilton (19e), Spencer.
  • Pour d'autres philosophes au contraire l'état positif de l'affection.
  • théories dualistes : Le plaisir et la douleur sont 2 sources distinctes de l'affectivité.

Conditions générales :

Le plaisir et la douleur dépendent moins de la nature de l'objet que de la réaction à laquelle cet objet donne lieu en nous-même, elle varie suivant :

      a)- La nature de l'individu.  

      b)- compositions momentannées, le contraste ou au contraire l'habitude.

 

La Sensibilité

15 / 07 / 2009

 

 

LA SENSIBILITE - leçon générale.

 

Définition :

 

Faculté que nous avons d'éprouver des émotions ou des sentiments agréables (plaisirs) ou désagréables (douleurs).Plus ou moins développée chez l'individu, mais elle existe chez tous. Dès qu'il y a vie activité, il y a sensibilité.

 

Difficulté de l'étude du sentiment :

 

1/-Impossible de le saisir à ses débuts.

2/- méthode objective, on n'attend pas sa réalité.

3/- mais la méthode subjective est difficile aussi.

  • a)- Parce que nous nous faisons souvent illusion plus ou moins volontaire sur nos sentiments (force, profondeur, réalité).
  • b)-Il semble qu'il y ait antagonisme entre la conscience et le sentiment, une émotion sur laquelle se porte l'analyse, change de caractère et peut même disparaître. C'est vrai surtout pour des états peu profonds. Le sentiment à des nuances infinies .Le sentiment est ce qui exprime le mieux notre individualité.

 

Classification générale :

 

1/- l'émotion: état de crise que ne trouble que momentanément notre vie intérieure.

2/- Sentiment: état de durée plus ou moins considérable, parfois toute une vie et d'intensité variable.

Le sentiment proprement dit : qui ne rompt pas l'équilibre de notre vie intérieure. Caractère de continuité.

3/- Passion : sentiment qui a une intensité exagérée envahie la conscience et en chasse les autres sentiments.

 

Le Rire

15 / 05 / 2009

 

Exposé de l'élève - LE  RIRE

 

Le Rire (1900)-Henri Bergson, philosophe français, né à Paris en 1859, mort en 1941.Agrégé és-lettres 1881.Agrégé philosophie, professeur au collège de France, diplomate, société des Nations. Prix Nobel  de littérature en 1927.Les plus grands penseurs depuis Aristote, ont essayé d'expliquer le Rire,ce qu'il a au fonds de risible.

 

Le comique en général :

  • 1/- Il n'y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain. Paysage jamais risible. Animal : attitude d'homme. Chapeau : forme donnée par les hommes.
  • 2/- Insensibilité qui accompagne le rire, s'adresse à l'intelligence pure.
    3/- On ne goûterait pas le comique si on se sentait isolé, notre rire est toujours celui d'un groupe.
 

Comique intérieur:

Le distrait de La Bruyère; Don Quichotte de Cervantes.

 

Différentes sortes de comiques :

  • 1/- comique des formes.
  • Peut devenir comique toute difformité qu'une personne bien constituée arriverait à faire. Prend la forme de caricature, moins dans la laideur que dans la raideur.
  • 2/- Les habitudes, gestes et mouvements de corps humain sont risibles dans l'exacte mesure où ce corps nous fait penser à une mécanique.
  • Force d'expression du comique :
  • Raideur quelconque appliquée sur la mobilité de la vie. Exemple : Le vêtement. Est comique tout accident qui appelle notre attention sur le physique d'une personne alors que le moral est en cause. L'orateur qui éternue.
  • Dans les tragédies aucun trait physique.
  • Poète comique doublera de quelque ridicule physique le ridicule professionnel.
  • 3/-Nous rions toutes les fois qu'une personne nous donne l'impression d'une chose.

 

Le Plaisir

15 / 05 / 2009

 

 

LE PLAISIR.

 

A/- Caractères généraux :

 

     1/- IL est plus difficile à étudier que la douleur. Se manifeste avec moins d'intensité dans la conscience. Souvent on ne l'analyse pas. << Les gens heureux n'ont pas d'histoire >>.

     2/- les plaisirs varient :

  • En intensité. -plaisirs physiques, 
  • En durée: plaisirs esthétiques.
  • En pureté : plaisirs moraux, mélange de douleur.
  • En richesse: vie esthétique, vie morale et intellectuelle. Il faut dans le choix des plaisirs tenir compte de ses caractères en s'attachant moins à l'intensité.

 

B/- Le plaisir en tant que fait social :

     1/- caractère contagieux.

      2/- influence de l'hérédité dans le choix des plaisirs.

      3/- action des sensibilités les unes sur les autres dans le présent mode intellectuel et moral. -Musset  << le mal du siècle >>

          .Influence de l'exemple et l'entraînement : Entre amis.

 

C/- Rôle du plaisir:

     a)-psychologique : un effet. Le résultat de la satisfaction de nos tendances.

     b)-pratique: un but. Car les hommes le recherche puisqu'ils le confondent avec le bonheur.

     c)-moral: un moyen :

  • 1/-un moyen d'asservissement de corruption : les jeux à Rome.
  • 2/-un moyen d'entraîner les masses qui subissent l'attrait du public dans un but de perfectionnement.
  • 3/-c'est pour l'éducateur un puissant moyen d’action, l’éducation attrayante, surtout sur le jeune enfant dont il retient l'attention et chez qui il stimule l'effort.

 

CONCLUSION MORALE :

1/- Le plaisir en soi n'est pas condamnable (ascétisme), mais certains plaisirs le sont, ainsi que l'abus qu'on en fait.

 2/- veiller sur ses plaisirs: chacun n'a pas le droit << de prendre son désir où il le trouve >>.

 3/-l'usage modéré du plaisir, des plaisirs supérieurs surtout, est un stimulant nécessaire, un parachèvement de la personnalité.

Lectures recommandées : ALAIN : Propos sur le bonheur. Louis LAVELLE : La conscience de soi.

 

 

L'imitation

15 / 04 / 2009

 

 

LA DOULEUR.

1/- Les formes de la douleur

  • A/- Douleur physique
  • B/- Douleur morale;

 

 LA DOULEUR PHYSIQUE :

 

Elle est liée à la diminution ou la désorganisation des fonctions vitales.

 

Effets sur l'organisme :

  • 1/- agit sur les mouvements du coeur.
  • 2/- Le rythme respiratoire devient anormal, tantôt rapide, tantôt lent,
  • 3/- les fonctions digestives se troublent,
  • 4/- fonctions motrices : agitation, dépression.

Une conscience avertie, maîtresse d'elle-même pourrait se libérer de la douleur physique par la volonté, la méditation (les ascètes, les stoïciens). "Dans le taureau de Phalaris, rougi à blanc, je peux encore être heureux".

 

Différentes sortes de "Douleur morale" :

       Manque d'activité:

  • a)- impatience.- Ne pas pouvoir utiliser immédiatement une activité toute prête.
  • b)- l'ennui- peu grave s'il tient à une cause extérieure. Très grave si sa cause est en nous.

Une contrainte :

  • a)- au point de vue professionnel: vies mal orientées: activité qui ne peuvent se déployer librement.
  • b)- au point de vue moral: souffrance continue et parfois terrible. des aut
  • Celles qui proviennent d'un arrêt brusque de l'activité.
    a)-perte d'une affection
  • b)-perte d'un idéal rêvé, presque réalisé.

Souffrance de la pensée qui se heurte à des mystères infranchissables.

Distinguer les douleurs égoïstes de celles qui ne le sont pas, perte d'un idéal, défaite de la patrie.

 

ROLE de la douleur dans la vie :

 

Serait-il souhaitable de supprimer du monde toutes les douleurs.

Ce que l'on apprend à l'homme :1/- à se connaître: a)-par les causes qui le font souffrir: << la douleur est un avertissement salutaire>>- <<sentinelle vigilante>>. b)- par la manière dont il souffre.Il en sort diminué.Dureté de coeur.Il en sort grandit: patience, énergie, courage. 2/- à sympathiser avec la douleur des autres. 3/- à se poser des problèmes moraux dont la nécessité lui apparaît plus nettement. 4/- à la base de la science. 5/- à la base de l'art.

 

Les remèdes à la douleur :

  • 1/- Les douleurs qui dérivent de l'égoïsme sont justes : il faut s'élever au-dessus de l'égoïsme.
  • 2/-Douleurs qui ont à la base une illusion.Attachement à des biens dépourvus de réalité et de solidité.
  • 3/- Les douleurs qui ont pour cause des liens élevés, comment les accueillir :
    • a)-résignation non passive. Acceptation difficile mais possible des grandes lois naturelles : la mort.-Ex: Victor Hugo, -A Villequier.
    • b)- utiliser la souffrance pour nous rendre meilleur.

 

A/ -MUSSET -La nuit d'octobre.

L'homme est un apprenti, la douleur est son maître.Et nul ne se connait tant qu'il n'a pas souffert.C'est une dure loi, mais une loi suprême, vieille comme le monde et la fatalité. Qu'il nous faut du malheur recevoir du baptême, et qu'à ce triste prix tout doit être acheté.

 B/- Quelque soit le souci que ta jeunesse endure, laisse là s'élargir cette sainte blessure que les noirs séraphins t'ont fait au fond du coeur.Rien ne nous rend si grands qu'elle grande douleur.

 

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots. (LA NUIT DE MAI !)

 

L'imitation

15 / 03 / 2009

 

 

LA PASSION

 

Considérations historiques:

 

Un sens défavorable s'attache à ce mot.

  • 1/- Stoïciens : l a passion est une servitude de l'âme, s'oppose à la volonté ou à l'action.
  • 2/- Descartes : toutes bonnes de leur nature, mais dangereuse parce que l'âme ne réussit pas toujours à les régler.
  • 3/- Spinoza  garde le principe cartésien, tendance vers une vie plus riche, plus complète, mais reste toujours une servitude de l'âme.
  • 4/- Les romantiques ont essayé de réhabiliter les passions supériorité de la sensibilité sur la raison.

Caractères :

  • 1/- Se manifeste plutôt par des crises.
  • 2/- Elle est exclusive, tend à aboutir à une tendance unique ayant éliminé ou absorbé toutes les autres (avarice, amour, ambition).
  • /- Elle est violente puisqu'elle a concentré toutes les forces de l'être, c'est pourquoi on la croit une force fatale.

Evolution :

  • 1/- Elle a été souvent comparée à une maladie. Elle supposé une prédisposition du tempérament, ce que l'on nomme une diathèse.
  • 2/- Elle se développe grâce à des causes extérieures.
    • a)- l'hérédité,
    • b)- l'habitude,
    • c)- le milieu physique et social,
    • d)- les moeurs.
      • 3/- causes internes,
  • a)- sensibilité vive,
  • b)- Imagination ardente (Stendhal),
  • c)- oisiveté.

Effets :

    • Sur l'intelligence,

a)- les passions lui imposent des parties pris, des préjugés, des préventions,

b)- elles la stimulent.

    • Sur la raison,

Le raisonnement passionnel est un raisonnement de justification. La conclusion est arrêtée à l'avance. La passion s'étant fixée sur une croyance, il s'agit de la justifier à tout prix.

    • Sur la volonté,

Certaines passions la dégradent en paralysant toute activité raisonnable.
Ex: le jeu, le loisir, d'autres la stimule, aux partipris de l'intelligence correspond les parties pris du vouloir.

CONCLUSION :

On dit "que rien ne se ferait sans les passions".Y- a- t- il des passions bonnes à côté de celles que l'éducateur s'efforce de supprimer. Il semble que la passion qui est le développement exagéré,anormal d'un inclinaison, qui détruit l'équilibre d'une âme, qui peut toujours prendre une direction funeste, qui est toujours partiale, est plutôt à craindre.
Le bonheur et la moralité sont dans la tempérance, c'est à dire, dans l'équilibre, l'harmonie d'inclinations fortes et durables.

(un grand amour n'est pas nécessairement une passion) !

 

L'imitation

 

   

  

  

  

 

L'habitude

16 / 02 / 2009

 

 

  L'habitude

  

  

  

   

 

La Conscience

22 /12 / 2008

 

                                   

  La Conscience

 

 

L'émotion

15 /11 / 2008

                          

                             L'émotion

 

L'attention

18 /10 / 2008

 

                             L'attention

  

 

  

 

18/10/2008

Généralités

 

La Psychologie appliquée à la Morale et à l'Education

    

Quand dit-on qu'un homme est psychologue?